Au pays des migrants

Un polar vibrant d’humanité au coeur des couches sales des migrations modernes. Animales. 

Olivier Norek, c’est du polar à la française de maintenant et je vous recommande sa dernière livraison en poche. Nous voilà aspirés par les vagues migratoires, la lande de Calais, dans les pas de femmes, d’hommes et d’enfants, surtout d’enfants, qui, bien loin de nos conforts, se coltinent des existences dont on sent bien que la réalité n’est même pas dépassée par la fiction, sûrement bien au contraire.
En toile de fond, l’attitude de chacun lorsqu’il est confronté à la question du que faire ?Comme d’habitude chez Norek, le livre se mange dans une tension permanente, des mots secs, des faits précis. On suit les personnages à la trace, on laisse de côté parce qu’on s’en fout quelques facilités littéraires, de la ficelle qui ne nous ligote pas, l’esentiel est sur le fond. Qui est cet enfant au juste ? Que va-t-il devenir ?
Et les flics ? Et les services secrets ?
Syrie, Afghanistan, Lybie, Soudan, France et surtout désirs d’Angleterre. 
Le beffroi de calais, qui rime avec effroi. Et froid. Parce que le camp fait du mal aux veines humanistes. Un polar utile. Un polar nécessaire, même. 

#Lecture – Steppe et encore

Cela commence par des noms aux sonorités étranges. Ian Manook (un pseudo), le nom de l’auteur. Yeruldelgger (le héros, flic massif et massue). Oulan Bator, que l’on connaît plus, en sa qualité de capitale de la Mongolie. Des lieux, des prénoms, une culture. Pour une Mongolie qui est en réalité l’autre héros du bouquin. On ne s’y paume pas tant que ça. On s’y trouve.
Le thriller, qu’on se le dise, c’est bien souvent deux lecture en une.
On suit une intrigue policière. Des flics ou des enquêteurs. On marche sur un sol jonché d’indices, d’intuitions, de rebonds. ET on arpente des pays. La Suède, l’Islande, la Norvège, l’Allemagne, la France, l’Espagne, l’Argentine, le Japon. Et donc, là, la Mongolie.  Lire la suite