Oradour-sur-Glas et papier de seigle

Deux lieux mêlés. Qui disent le temps qui est passé. Qui ici s’est arrêté sous les bombes : Oradour-sur-Glane est devenue Oradour-sur-Glas. Village fracassé laissé tel quel quand la guerre 39-45 s’en est allée. Un peu plus loin, dans le Périgord Vert, la Papeterie de Vaux. Guerre économique cette fois. Une forge recyclée dans la fabrication de papier à partir de seigle. Idée de précurseur, à l’époque. Devenue écomusée. Dans les deux cas, je m’immerge. Je me tais. Je ressens. Y compris ce qui manque. Le bruit, les odeurs. Luxe de touriste. Le silence s’est installé. Ici des milliers de personnes chaque année qui foulent ces lieux. Là l’eau qui continue de faire tourner les deux roues séculaires. Un grincement. Folie et génie technique des Hommes. Et le passé, qui poursuit inlassablement son flux. Parfois encombrant.

[ORADOUR SUR GLANE]

[PAPETERIES DE VAUX]


Collector

Quelque chose est passé. Comme le liquide de l’intraveineuse. De corps à corps. D’âme à âme. De cœur à cœur.
La maison vide ne l’est pas, ne le sera pas, et je lui souhaite volontiers un nouveau destin. Bientôt. Il est presque temps de passer le relais, ce que la masure a toujours su faire depuis son bord de route, traversant les âges, se reconstruisant après-guerre, se rénovant fin des années 1970.
Une maison tend-elle les bras, du haut de ses tuiles ? Il me plaît de le croire. De le projeter. Car nous n’en sommes (heureusement) pas (encore) là.

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Le village même pas mort

En Lorraine, les guerres ne sont jamais bien loin. C’est ainsi.
On se balade dans des forêts, des champs, et l’on voit de drôles de replis dans la verdure, où des trouées sous bois. Ca a canardé. C’était là.
Un lieu pour moi a une dimension singulière. Un droit de mémoire mieux qu’un devoir.
Quelques habitants du coin ont su avec simplicité le préserver aujourd’hui sans en faire trop sur hier.
C’est #Remenauville

.
Un village qui n’est plus. Bombardé. Un village qui est encore.
La forêt a pris ses aises. Quelques pancartes rappellent ici le maçon, là l’école. On se promène en silence parce que le silence s’impose, seuls les oiseaux gambadent et les troncs grincent ; on emprunte la grande rue, on devine sous les mousses quelques pierres qui furent maisons, écuries, presbytère. On ferme les yeux. On imagine. L »école, la ferme, l’artisan.
La nature a tout repris ou presque et elle vaut mieux que les obus qui ont tout enlevé ou presque.
Une petite chapelle domine ce petit monde.
Quelques roches conduisent vers une grille qui semble dire, venez, le village est là.
Et il est là, en effet, cent ans après. Vibrant à défaut d’être vivant. Même pas mort.
Le nouveau village a été reconstruit un peu plus loin. C’est #Limey-Remenauville.

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