Amina

Où je découvre au hasard d’une lecture d’un polar, qui traite des migrations, votre vie est une guerre madame, dit l’homme qui a réussi sur le dos de ces derniers pour faire un kilomètre dans sa vie et passer des barres d’une cité à une somptueuse villa, que la vraie frontière entre les hommes est un bout de papier récent qui se nomme passeport.
Un simple document qui remet en cause des milliers d’années où les femmes et les hommes circulaient sur le caillou bleu. Du papier pire que des murs. Une frontière à lui tout seul. Un interrupteur, qui déclenche mille et une procédures. Mille et une postures. Technofracture.
Où je découvre dans le même bouquin, décidément, qu’un beau jour, des occidentaux décidèrent que la seule monnaie serait l’argent, supprimant de facto les mille et une monnaies qui existaient ici et là, et les échanges qui allaient avec, entraînant de facto bis l’appauvrissement soudain et brutal de millions de personnes, y compris celles qui avaient géré leurs biens d’alors, devenus caduques.
Et puis je lis ce texte sur Slate.
Amina. Je pense à toi. A ta guerre. A la nôtre.

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Espérance / Jean D’ormesson

« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
Et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
Sans aliénation, vivez autant que possible
en bons termes avec toutes personnes.
Dites doucement mais clairement votre vérité.
Ecouter les autres, même les simples d’esprit et les ignorants :
Ils ont eux aussi leur histoire.
Evitez les individus bruyants et agressifs :
Ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne :
Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
Jouissez de vos projets aussi bien que de vos accomplissements.
Ne soyez pas aveugle en ce qui concerne la vertu qui existe.
Soyez vous-même.
Surtout n’affectez pas l’amitié.
Non plus ne soyez cynique en amour car il est,
En face de tout désenchantement, aussi éternel que l’herbe.
Prenez avec bonté le conseil des années
En renonçant avec grâce à votre jeunesse.
Fortifiez-vous une puissance d’esprit
Pour vous protéger en cas de malheur soudain.
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères.
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez le droit d’être ici.
Et, qu’il vous soit clair ou non,
L’univers se déroule comme il le devait.
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez,
dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »