Depuis quelques temps, des personnes remarquables décident de mourir quasiment en direct.
Elles affichent leur fin de vie au nez et à la barbe du clinquant ambiant.
C’est bien. Ca fait la nique aux crèmes anti-rides, soins esthétisants et autres jeunismes dont les vieux s’entichent comme si l’immortalité était une hypothèse raisonnable. Un marché, c’est sûr. Une raison certainement pas.
Pensée du matin : si l’on vit mal, on meurt mal ?
Son complément : du coup, si l’on vit bien, on meurt bien ?
Axel Kahn et d’autres proposent, dans une société qui ne l’est plus vraiment, un mot magnifique, l’un des plus beaux de la langue française avec merci : digne. Ils rappellent aussi que tout à une fin et que mieux c’est bien, mieux c’est.
Ces gens décident de partir en le faisant savoir, et grâce à elles, grâce à eux, on n’oublie pas ces milliers d’autres qui le font dans leur coin.
Ils en sont les porte-paroles, les étendards, les faces visibles : ils donnent à la mort une meilleure place que des statistiques covidées ou autres tableaux des ministères des accidents de la route, des cancers, des suicides et autres alibis utilisés par des sapiens sapiens pour quitter ce monde.
Cachez donc cette maladie que je ne saurais voir, cette mort que je ne voudrais pas entrevoir, ce handicap qui me met mal à l’aise, cet étranger qui me dérange : c’est tout cela, la société hyper connectée. A la place, préférons la dernière paire de baskets, des vacances de rêve, des promotions incroyables.
Montrez ce que vous voulez ne pas voir pour qu’à notre tour nous puissions ainsi oublier ce que nous voyons sans le voir : ce virus, méchant ogre du moment, bête de scène, fantastique opportunité économique ; ces gens méchants qu’il serait de bon ton de priver de leur libre arbitre ; ces faits divers sordides qui ont toujours existé mais qui là fascinent avec ce foisonnement médiatique et réseaux sociaux de tous poils. Ces agressions verbales non contrôlées, ces racismes aux formes mutliples, ces oppositions hirsutes entre ces mêmes sapiens sapiens.
Et voilà même que Michel Serres, 100 ans, nous dit qu’il est possible de bien vieillir.
Il y a peu, un autre vénérable ancien nous invitait à désobéir.
C’était un temps où l’on ne traitait pas les gens de complotistes.

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