Le jour où… je m’en suis remis à Dieuze

C’était il me souvient un vendredi.
De ces jours dont je me souviendrai évidemment toute ma vie puisque 5 février (hier, donc), jour de naissance, 23 avant cette année-là, du fils. De gars de 23 ans comme on dit. Ce jour-là, l’effet domino a dominé. Pensez-donc que me levant le matin, pas une seule seconde je n’aurais pensé finir la journée pedibus dans la riante cité de Dieuze (57), avant de découvrir les parcs à huîtres de Marsal. Marsal est un village non loin de la riante cité susdite.
Pas plus que le tourisme en mode covid, c’est zéro troquet. Alors trouver à bouffer, et mieux, un café, ça vire au saugrenu, mais de ces saugrenus chaleureux, parce que rencontres avec des femmes et des hommes. Le café ? au bureau de tabac. Le repas de midi, pris à 15 h ? Chez un vendeur de gaufres (et pour ce qui me concerne, de croque-monsieur et de crèpe, au caramel beurre salé). Tout attentionné, me monsieur, je vous mets tout ça dans du papier alu, ça restera chaud.
Avant cela, deux autres rencontres. La première avec un agriculteur bourru ET serviable. La seconde avec un dépanneur frétillant la barbiche souriante.

Mais revenons à l’effet domino. A ces empalements de circonstances qui vous cognent une journée pour en faire une à nulle autre pareille. Mémorable.
D’ailleurs, commençons par la veille.
Le jeudi. Juste avant la milice. Je vais récupérer ma voiture chez le garagiste de la ville du coin. Quelques réparations : la dite automobile est dans sa phase vieillissante. Que dès le lendemain, elle est moi fassions du tourisme garagiste n’était donc pas prévu. Pas du tout. Non qu’elle ait fait quelque caprice, pas son genre, mais plutôt que tout commença tranquillou sur une départementale entre Meurthe-et-Moselle et Moselle.

Ce vendredi-là, je me décide en effet à rallier une capitale voisine pour quelques emplettes.
Inutile de le préciser mais je le précise quand quand même : je n’y suis jamais parvenu. D’ailleurs, commençons par le début : 1) imaginez : le gars (moi) au volant de son véhicule retrouvé, savourant le confort de la berline, prêt à un long et a priori non périlleux voyage. 2) Sur votre droite, voyez comme des étangs apparus après que les diluviennes pluies fussent tombées. Les champs boivent la tasse. Vous trouvez cela joli. D’ailleurs, vous vous dites : ô, c’est joli !

Alors ni une ni deux, voiture et moi tournons au rond-point sur la droite, pour aller faire quelques photos et merveille des merveilles, juste après le rond-point et ses somptueuses sculptures, un chemin tout mignon qui conduit droit vers les « étangs éphémères ». Tellement droit dessus qu’à un moment s’arrête le chemin, non loin d’un pont bleu qui pour le coup, sert pas à grand chose, tout perdu qu’il est au milieu des flots. Vous voyez deux cygnes s’ébrouer en descendant de la caisse, en souriant dans votre barbe. Bons signes, vous vous dites, cherchant dans le ciel blanc-gris où diantre est le soleil. Vous faites donc quelques photos. Celles-ci en l’occurrence :


Et là, le drame. Vous vous enflammez. Vous vous êtes enflammé. Vous ne savez pas ce qu’il s’est passé. Vous avez fait demi-tour, quittant le chemin, confiant, ô là là, trop confiant, bien trop confiant, même que vous vous êtes dit, ça va passer, je le sens bien. Que pouic ! Nada ! Nicht ! Pas du tout bien ça se passe, très pas bien beaucoup, même. Puisque voici :

Bref : je me suis embourbé.
Comme une merde. Tout seul dans mon champ près des étangs éphémères. Mauvais signe ? Les cygnes se sont barrés. C’est curieux alors comme il règne soudain un grand silence. Par rapport à d’autres fois, je trouve même que j’ai pas trop insisté avant de capituler. D’ailleurs, que vois-je là-bas non loin ? Une ferme de l’agriculture, mesdames et messieurs ! Voyez côté ciboulot ce que ça donne : un agriculteur a des machins à gros pneus qui vont peut-être m’aider à me sortir de boue. Je prends donc mes jambes et vaillamment, nous partîmes à l’aventure d’un pas guilleret, indifférents à la pluie qui s’est mise à tomber, petite pluie merdouillotte de rien du tout.
La preuve que tout va pour le mieux : avant la ferme, finalement plus proche des yeux que du pied, une maison, et un magnifique 4 X 4 garé devant ! Nom de Zeus : si c’est pas de la veine, ça ! Je m’empresse donc d’aller sonner. Une fois. Deux fois. Rien. Je reprends donc ma route vers la ferme et là, encore un sapré coup de bol : deux humaines silhouettes vont dans un hangar. M’aperçoivent, sourcils froncés, je comprends bien sûr. Expliquer ma mésaventure. Soupir bourru du patron, qui dit à son stagiaire, bon ben tu vas chercher les kebabs. Là-dessus, il cause peu le gaillard, il va chercher des sangles, monte dans un manuscopique (je frime avec ce mot maintenant que je sais ce que c’est) et détale, moi derrière, y’a qu’une place visiblement sur ce manuscopique.
Je hâte donc le pas pendant que l’autre est déjà quasiment arrivé à la bagnole, quand le 4 X 4 de tout à l’heure me double sans peine… Puis je rejoins mon preux chevalier, en mode cross, et là, il me demande le crochet. Il dit, vous avez le crochet ? Je réponds : le crochet ? Oui, il dit, le crochet. Ah non, j’ai pas le crochet. Ben je préfère pas prendre le risque, alors, il dit. Je vais tout arracher sinon. Je lui dis, je comprends. Et c’est vrai que je comprends, surtout quand il me confie : un jour j’ai dépanné un type, j’ai arraché un truc, il a voulu faire un constat ! Les gens sont dingues, je réponds, me confondant en remerciements, le regardant reculer, voyant peu à peu le manuscopique disparaître. Alors j’appelle mon assureur, qui met en route fissa le dépannage. Une charmante jeune femme, qui m’explique bien tout, limite à la fin de la bise en me disant que c’est mon jour de chance. Comme j’ai un peu de temps devant moi, et que je ne pense pas trop aux kebabs et aux frites que les deux autres sont en train de s’enquiller là-bas, je me décide à marquer de son empreinte cette journée, si je puis dire, et vais donc faire le tour de rond-point, puis prendre mes étangs éphémères avec un autre angle. Ca donne ces merveilles :

Et puis mon sauveur est arrivé. On a gentiment sorti la voiture de son ornière. J’ai décidé de le suivre quelques kilomètres histoire de voir si tout allait bien. Puis de le suivre jusqu’à son garage car tout n’allait pas bien. On a lavé la bagnole. Je suis re allé faire un tour. Mais tout n’allant toujours pas très bien, ma mienne voiture aimant visiblement la compagnie des garagistes, je la lui ai ramenée pour qu’il améliore un tantinet les choses.

La suite ? Deux heures gaillardes à déambuler dans Dieuze, ancienne cité Saline (d’où la présence des salines royales), ancienne cité tout court (d’où les nombreuses boutiques fermées et le peu de badauds trouvés), cité résiliente tout de même (d’où le croque-monsieur, la crêpe et le café dans le bureau de tabac).
La réponse surtout à l’épais mystère qui flottait au-dessus de moi comme vache qui pisse depuis que le garagiste m’avait dit : « Avant, on avait le 33 ! « . Cherché ce que c’était, le 33. Une brasserie ? Un usine de je ne sais quoi ?
Que nenni : un ancien régiment. Parti.
Tout fout le camp, même à Dieuze. Cité où les femmes et les hommes luttent et sont bien sympas. Ceci a largement compensé cela.
Pour finir, quelques photos de Dieuze, un 5 février 2021. Avec de la pub.

Mais c’est quoi les parcs à huîtres de Marsal, vous demandez-vous sûrement depuis que vous avez lu cette phrase ? C’est rien. Une connerie.
On les voit bien, sur la photo ci-dessous, au fond, non ?

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