J’ai écris des lettres à la main

Alors, je me suis dit : et si chacune et chacun, très simplement, créait l’événement dans quelques chaumières d’une douce écriture et de mots adressés à deux ou trois personnes seules de sa connaissance ?

Franchement, je ne saurais dire la dernière fois que ça m’est arrivé. Cette année, je ne sais pourquoi, ça tombait néanmoins sous le sens ; jy songeais depuis quelques jours, et en ce dimanche 24 janvier – historique, donc – je l’ai fait ! J’ai encore sur les lèvres, alors que je clapote ce billet du soir, le goût fatigué de la colle d’une enveloppe exhumée d’un tiroir.
Et donc : j’ai écrit à la main sur sur du papier à lettres des voeux. Une vraie lettre, une vraie main et des vrais voeux ! J’ai écrit à la main sur des enveloppes postales. J’ai glissé les missives et des jolies cartes dans des vraies enveloppes en papier, et j’ai humecté les commissures pour que ça ferme. Aussitôt la missive est devenue petit secret en partance. Et puis j’ai écrit à la main des adresses sur des enveloppes. Et collé des timbres sur ces enveloppes. Dingue.

C’est mieux qu’une saveur d’antan, qu’un brin de nostalgie, ce que j’ai éprouvé, mais bien une suave sensation de féroce humanité.
Pendant qu’il neigeait à nouveau, ici, sous les candelabres.
Force le trait le gaillard, vous dites vous peut-être si d’aventure vous tombez sur ces lignes !
Mais en vrai que nenni.
Ces lettres sont destinées à des personnes âgées. 80 ans et plus. De miennes connaissances qui ont pris une place toute singulière dans mon cœur après ces deux dernières années.
J’ai eu bonheur à penser à elles, écrivant, après avoir pensé à elles, avant d’écrire, plaisir à imaginer leurs doigts fripés ou tremblants sourcils froncés en ouvrant l’enveloppe, le facteur parti, regardant la carte, lisant les quelques mots déposés, majestueux d’une banalité sincère, emplis d’une affection de derrière les fagots, petite lueur qui ne sanglote pas mais réchauffera un peu, je le souhaite. Sortira le jour de réception de son infâme litanie covidée. Petite lucarne. Boulite, on dit dans l’Ouest.

Alors, ce faisant, pensant à leurs longues journées d’hiver raccourcies au deux bouts, pourtant, ne pendant pas qu’à eux, les vieux, mais aussi plus largement aux « seuls » dans cette tourmente où le moindre échange social doit être signé et validé, je me suis dit : et si chacune et chacun, très simplement, créait l’événement dans quelques chaumières d’une douce écriture et de mots adressés à deux ou trois personnes seules de sa connaissance ?
Ce sera cadeau pour tout le monde : car c’est temps agréable aussi pour soi même si je dois l’avouer, l’écriture manuscrite à un peu foiré sur les bords au début, surprise je crois par ce retour inopiné, me regardant par en dessous en me demeandait si j’étais sérieux ou bien.

Une belle rencontre loin du morose et des grognements de fin de week-end avec du temps qui prend son temps.
Comme j’ai plongé dans de vieilles images oubliées dans leur tiroir, j’en ai exhumé quelques unes pour réaliser ce montage à deux balles qui illustre plutôt bien ce retour vers le futur.

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