Paysage sonore. Intratextures / Barres parallèles

Du projet je ne connais que le nom. Intratextures. C’est de la musique. Dark. De la musique électronique comme déboulée de nulle part. Et de partout.
Fait nuit ? Pas sûr. Fait froid ? Pas que. Fait chaud ? Non.

Entre un dimanche et un lundi de Pâques, je me suis plongé dans l’univers de cet artiste qui, renseignements pris, tient par dessus-tout à son anonymat. Je suis entré dans son univers par le biais de la où il dépose ses productions (c’est ici).
Gamin, à l’école, en sport, on faisait des barres parallèles. On faisait travailler les abdos, souvenez vous. Eh bien là, dans cet entre deux Pascal, alors que la nuit finissait et que le jour prenait son temps à arriver, je me suis offert un merveilleux voyage. Âpre, rugueux, rêche. Et en même temps, le vrai en même temps, vivifiant, souterrain, terrien.
J’ai « découvert » Intratextures par l’entremise d’une musicienne découverte sur Facebook (comme quoi…) et avec qui un lien s’est noué, comme ça, à petites lampées. Elle, c’est Catherine Watine ; Au début je comprenais rien. Y’avait Catherine, y’avait Watine, y’avait Maison Watine, et ainsi de suite. Il y a surtout eu l’album « Phos » (la lumière en grec), dont j’ai parlé ici. A la signature de l’album, un mystérieux « Intratextures ». Mot complet. Y’a intra. Y’a texte. Y’a texture. Pas de pub mensongère. Et pas de pub tout court.

Intratextures, c’est une expérience. Vous l’aurez compris : ici, nous ne sommes pas dans les standards habituels de ce que l’on écoute. On est empli de sons et la texture prend le pas sur le texte pour le coup. Surtout qu’il n’y a pas de paroles. Je penserais plutôt à de la matière, de la peinture, de la sculpture, quelque chose qui triture et malaxe, la terre aux bottes, une coulée dans la caverne, qui fait écho à ce que nous vivons parfois et en ce moment.
La lumière brille par son absence, et c’est probablement ce qui fait qu’on la perçoit.
Tout autant on sort du conforme et confort. L’on entre dans autre chose. Une antre, justement.
Une amie me disait récemment qu’elle avait dû fermer quelques portes, dans ses relations, le temps de passer un ouragan, et d’y rester, d’une certaine manière, et me disant cela, elle disait aussi qu’une porte, ça s’ouvre, également.
Il y a de cela dans ce que je perçois d’intratextures.
Sauf qu’on est derrière la porte fermée. Dans ce noir qui est, rappelons-le, la somme de toutes les couleurs. Les titres des albums disent pour le coup très bien où l’on met les oreilles : Crépuscules interdits, Quelques heures devant nous, L’existence est une expérience solitaire dont l’échec sera collectif, les rivages barbelés
Âmes sensibles, ne pas forcément s’abstenir ; c’est aussi là qu’il faut aller. L’étrange se laisse gagner et la chaleur va chercher dans la froideur des raisons d’être. Du sens. De la matière, et donc de l’épaisseur. Du volume. Du relief. Faut juste se laisser aller, accepter, accueillir, se laisser aspirer par les ruelles insolites, les rues fermées et aériennes, les aéroports désertés, les dunes qui soufflent du sable gris, l’écume des vagues.
Les titres des morceaux ajoutent leur écot à l’aventure sonore, inspirante en vérité.
Pas une voix à l’horizon, quelque chose de lunaire, de marsien, ou de je ne sais quelle planète. Ici l’on parle, sûrement plus au cerveau qu’au coeur. Et ça cogne dans les tripes. Voyez le chemin…
L’artiste réussit le tour de force, je crois, de nous plonger en des nous-mêmes inconnus, ou évités, sans le verbe comme cordelette à saisir dans l’effroi. Sans cordelette mais avec un fil qui relie les être, comme si l’on nous ramenait à l’ère australopithèque. Cro Magnon.
Dans ce paysage infini, désolé, où selon, tout est à mourrir ou à naître, tout nous parle finalement. Et les titres des pièces montées le rappellent si besoin était : Mémoires En Devenir / Rêves Pilés / Les Silence des Espaces Finis / Les Vastes Communiquants / Les Remontées Gaz Tristes / La Finalité / Les Jardins aprés La Fin [Crépuscules Inconnus], Ecorces / Nous Ne Retenons Rien de Nos Erreurs / Fêlures /
Rien Ne Restera / Villes Absentes / Lésions [Quelques heures devant nous] Station assise / Nous ne sommes que des fantômes / A portée / Les rives se sont éloignées / Cathédrale [Les rivages Barbelés].
D’un pouce levé, je dis j’aime car voilà un autre langage, d’autres atmosphères. Cette musique-là ne vient pas vous chercher. Elles vous attend. Si vous le voulez bien.
Elles vous embarque. Pas de pub mensongère. Pas de pub tout court.
C’est profond. Ombrageux. Noiraud. C’est une forêt épaisse. Une nuit. Juste avant le jour. Ou juste après ? Des barres parallèles.

Une autre chronique ? Je vous en propose deux ! Les rivages barbelés, sur le site Indiepoprock ; et les rivages barbelés, sur le site Foggy’s de light.

Pour écoutez, rendez-vous ici.

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