La chanson qui s’en va (et qui revient)

Sais-tu, que la musique s’est tue ?
Elle a vacillé avec les bougies de ce jour-là, appelant de ses vœux un silence épais, ceux que l’on bourre de ce que l’on peut. On s’y repose, je crois. On digère la fureur des bruits d’alors, ces cliquetis muets qui nous inondent le cerveau, quand tout se bouscule après s’être si peu précipité, quand tout s’accélère, après s’être tant ralenti.
Nous étions en cette fin d’année / début de l’autre, à la jonction, dans cet entre deux si singulier et, cette année, si particulier.
C’est un matin que je me suis aperçu / que la musique s’était tue. Mes musiques. Rendues muettes. Volume baissé.
Sais-tu, il faisait fort vent, alors, vent froid, quand le chêne a rejoint la terre dans les travées du cimetière ? Nous étions là, roses à la main, et je me rends compte maintenant que j’ai failli penser à cette chanson 45 tours qui trônât quelques temps à la maison, à l’époque, avant les années 1980, 1981 plutôt.
Je l’ai sûrement fait, d’ailleurs, puisque j’y repense aujourd’hui.
La musique s’est tue, sais-tu, mais les paroles continuent de chanter, preuve qu’une musique qui se tait n’est pas une musique qui meurt, elle se met juste à l’ombre, quelques temps (on peut trouver ici cette chanson ici, bizarrement intacte), un peu comme une vie, finalement. La bougie s’éteint. Le temps se suspend. Et ça revient. Puisque ça s’en va.
La preuve : les paroles de cette chanson à la rose disaient ça, et elles le disent encore. Je
les dépose, j’ai juste enlevé les étiquettes :
Les voix des femmes et les voix des hommes / Ont dû se taire beaucoup trop longtemps / Ne croyons plus aux lendemains qui chantent / Changeons la vie ici et maintenant / C’est aujourd’hui que l’avenir s’invente / Changeons la vie ici et maintenant.
Prendre la parole / Décider nous-mêmes / Libérer nos vies des chaînes de l’argent / Écrire notre histoire à la première personne / Être enfin des hommes et non des instruments.
Il nous faudra reprendre en main nos villes / Qui ne sont plus que des ghettos géants / Où le printemps n’a plus le droit d’asile / Où meurent les vieux, les arbres, les enfants / C’est dans nos propres murs qu’on nous exile.
Libérer nos vies des fleuves de ciment / pour ne plus mourir de l’air que l’on respire / Et pour pouvoir vieillir auprès de nos enfants / Changeons la vie ici et maintenant / Libérer la femme / Libérer l’école / Donner la parole aux frères émigrants.
Un chouette programme, qui demeure, sais-tu ?

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