Merci, un bien joli mot

Fête du Bleu 2019, Bilan.
Commençons par une ambiance sonore, une photo et une citation
.

Merci encore et encore pour cette parenthèse enchantée dans ce monde de brutes, de bruit et de fureur.
Michelle.

La fête du Bleu 2019 s’est tenue comme il se doit un 15 août en Lorraine. Elle a rassemblé une soixantaine d’âmes bien lunées.
Beaucoup se connaissaient et nombreux furent ceux qui vinrent et ne connaissaient personne, encore moins cette notion de « Bleu » qui interpelle, et qui en réalité ne cesse, édition après édition, d’irriguer le paysage.
La question fut posée, évidemment. Pourquoi Bleu ? C’est quoi Bleu ?
Le Bleu laisse des traces, on le sait, mais les traces de ce Bleu-là sont différentes. Il fait humainement chaud. Et cela étonne. Détonne. Le temps se pose sur le jardin. S’installe. Prend ses aises. Ici l’on épluche des patates pour les frites, là on prépare des salades, un feu prépare ses braises, des musiciens musiquent et des spectateurs tapent du pied, plus loin on papote, et l’observateur avisé notera ceci : peu à peu, quels que soient les quotidiens de chacun, les épreuves passées, du moment ou à venir, quelles que soient les actualités, les sourires débarquent, se posent, et deviennent un langage que même le coup de fil d’un voisin par le bruit agressé à la maréchaussée ne peut dézinguer. D’ailleurs même les policiers qui seraient bien restés s’en sont repartis en souriant. Bleu, quoi.
Tout cela pour dire qu’il existe ça et là dans nos quotidiens des îlots de bien être et qu’il ne faut pas les refuser. Au contraire. Il est bon de les créer, de les provoquer, de les organiser.
Oui, le Bleu a quelque chose d’une parenthèse enchantée.
Un monde dans l’univers. Un univers dans le fracas du monde. Une foi en l’être humain, pas celui qui gesticule et parade par écrans interposés, mais celui qui vit un quotidien, avec ses douceurs et ses enclumes, avec ses rêves et ses amertumes, une vie quoi, et qui, surtout, une fois l’an, s’offre une parenthèse en chantant, en dansant, en mangeant.
L’essentiel somme toute.
A la fin, c’est le mot merci qui a fleuri sur toutes les bouches et dans toutes les prunelles. De ces mercis que l’on peut s’adresser à soi-même bien que l’usage veut qu’on le destine aux autres.
Le Bleu, c’est en réalité la liberté que chacun s’accorde ce jour-là pour être lui-même.
Alors d’invité il devient acteur à part entière d’un moment qui, sans lui, n’aurait pas été le même.
Le Bleu ne se consomme pas. C’est sa magie. Il se multiplie. C’est sa force.
Il y a des fêtes qu’on nostalgise sitôt terminées dès que la glaise fait son retour et d’autres qu’on impatiente en attendant la prochaine fois. En se frottant d’envie les mains. Les yeux lavés. Le coeur chaud. Ca ne fait décidément aucun mal à se faire du lien.

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