Des âmes planent

Jusqu’au bout du Monde ! est une création artistique et équestre présentée pour la première fois à Lunéville (54) les 6 et 7 juillet 2019.
Chef de file, Thomas Chaussebourg. 20 ans qu’il allie danse et cheval.

A ses côtés, un vidéaste, une danseuse, un musicien. Et un château 18ème. Revisité. Dans lequel ont déambulé plus de 600 spectateurs qui ont assisté, en réalité, à un accouchement.

Acte 1.
On ne dit pas assez comme les artistes portent une pression infernale lorsqu’ils se jettent corps et âme dans un projet qui fut d’abord une inspiration, signée Wenders et son film du même nom ou presque, Jusqu’au Bout du Monde (sans point d’exclamation), avant de devenir un projet puis un moment. Quel travail !
Acte 2.
On sort du spectacle comme d’une séance de cinéma. Ailleurs. Loin. Jusqu’au bout du Monde ! est un voyage qu’on finit par effectuer soi-même après avoir été pas mal brinquebalé. Il y a de tout dans la besace. En vrai, on en a pris plein la tronche : des images, des sons, des silences, des lumières, des noirs, des pistes, des escaliers, des corps, des couloirs, des néons, des attentes.
Acte 3.
Où il nous conduit, ce bout du monde, qu’est-ce qu’il nous annonce ? En tout cas on y va, et, c’est sûr, ça se marre pas tous les jours. On n’est pas loin du nôtre…
Quelqu’un a bien eu l’idée saugrenue de semer partout des couronnes des rois, d’autres espèrent des cascades à n’en plus finir, mais le spectaculaire ici sert l’intérieur.
La culture a ce talent-là, cette force-là : nous dérouter si besoin.
Nous forcer à l’introspection. Ou pas.
Liberté de choix.
Acte 4.
Pendant près d’une heure quarante, on ne nous a pas lâché d’une semelle. Deux temps, quatre mouvements, on voit tous les mêmes choses mais pas dans le même ordre : le public est réparti en trois groupes, et chacun assiste à l’un des actes de la pièce avant que tous ne convergent, vers une esplanade du château qui ressemble effectivement à ce qui pourrait être un bout du monde, ou un début de fin du monde, ou à une fin de début de monde. Les façades dans le noir ferment leur clapet. Feux de bois et canapé semblent défier à l’autre bout des tentes qui ont l’air de n’attendre que les migrants.
Puis le spectacle s’empare des restes de la nuit.
Sur les murs, des colombes s’envolent, un enfant joue.
Migrants tous nous sommes.
N’avons-nous pas été happés par cet homme qui peu à peu se rapproche de l’animal jusqu’à faire corps avec lui ? Au début.
N’avons-nous pas été troublés par ces sons du monde proférés en mode radio activité par le musicien et son acolyte, dans l’étonnante salle délabrée et si majestueuse des Maréchaux ?
N’avons-nous pas haussé les sourcils en voyant la danseuse danser, langage muet et parfois hermétique ?
Jusqu’au bout du monde, avec point d’exclamation, nous interroge avec points de suspension.
Un peu comme une danse célèbre l’âme sous l’œil fier un brin cabot du cheval qui danse. Un cheval qui, finalement, guidé ou non par l’homme, aura donné le tempo. A l’arrêt, au trot, au galop. What else ?

Le site
C’est l’un des personnages du spectacle. Comme redessiné. On ne le reconnaît plus dans cette nuit d’été. Il est tour à tour étrange cité morte pour un acte, salle des mémoires pour un concert du futur tout de rouge vêtu sous l’oeil impassible des noms des maréchaux morts pour la France. On se balade aussi dans ses entrailles, on sort par ici, on déboule alors sur l’esplanade, devenue espace désertique, où l’on erre avant que la piste de danse s’anime.
Un homme et une femme dansent, se frôlent, s’esquissent, s’esquivent, s’éloignent, se rapprochent, se touchent. Puis un cheval les rejoint, tour à tour ami de l’homme et dédaigneux compagnon. Jouée en direct, la musique crache ses poumons et sur les façades, volent les colombes.
Puis le cheval accélère, tourne le long de la piste semblant échapper à la civilisation, enfermé dedans avant de se reposer quelques instants.
Vient le final, chanté, complainte western qui nous guide vers la nuit. Avant que Blowin in the wind retentisse.

Blowind in the Wind, Bob Dylan
Combien de routes un homme doit-il parcourir
Avant que vous ne l’appeliez un homme ?
Oui, et combien de mers la colombe doit-elle traverser
Avant de s’endormir sur le sable ?
Oui, et combien de fois doivent tonner les canons
Avant d’être interdits pour toujours ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.
Combien d’années une montagne peut-elle exister
Avant d’être engloutie par la mer ?
Oui, et combien d’années doivent exister certains peuples
Avant qu’il leur soit permis d’être libres ?
Oui, et combien de fois un homme peut-il tourner la tête
En prétendant qu’il ne voit rien ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.
Combien de fois un homme doit-il regarder en l’air
Avant de voir le ciel ?
Oui, et combien d’oreilles doit avoir un seul homme
Avant de pouvoir entendre pleurer les gens ?
Oui, et combien faut-il de morts pour qu’il comprenne
Que beaucoup trop de gens sont morts ?
La réponse, mon ami, est soufflée dans le vent,
La réponse est soufflée dans le vent.

Le Pitch officiel
Le danseur et metteur en scène Thomas Chaussebourg explore depuis près de 20 ans la relation danse / cheval. Ma bête noire, sa création sur une musique d’Alain Bashung, a fait l’objet de plus de 200 représentations dans toute l’Europe. Pour créer son nouveau spectacle « Jusqu’au bout du monde », Thomas Chaussebourg prend place au château de Lunéville durant tout le mois juin. Il s’entoure pour l’occasion d’artistes exceptionnels : le musicien Rodolphe Burger (électron libre et fondateur du mythique groupe Kat Onoma), la danseuse Alex Naudet (membre des Cies Decouflé et La Machine – Delarozière) et le vidéaste Laurent Mathieu (réalisateur de nombreux courts-métrages et documentaires, cofondateur du Festival des cinémas différents de Paris).
« Jusqu’au bout du monde » est un regard sur une fin possible. Des tableaux dansés mis en scène et des projections d’images filmées qui interrogent le contraste entre les origines et l’état actuel de l’humanité, dont on perçoit les signes d’une extinction probable…

Production : Cie Eclats de Rock et Equi@rt Concept en partenariat avec le Château de Lunéville
Co-production – soutien à la création : Département de Meurthe-et-Moselle, Région Bretagne, DRAC Bretagne, Département des Côtes d’Armor et avec le soutien financier de la Région Grand Est

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