La maison blanche

J’ai toujours cru que la mort était un méchant coup de masse, une masse noire et difforme qui te saute dessus avant le coup de glaçon final.
Je te regarde, maintenant que nous savons.
Je te vois, revenue dans ta taille de jeune fille qui est aujourd’hui celle d’une vieille dame, fixer le mur devant toi, délestée de la peur, voire de l’effroi, et je me demande si la mort n’est pas en réalité un grand mur blanc sur lequel on peut peindre et dessiner sa vie comme enfin on le veut, toutes les infos sont là, avant que la porte ne s’ouvre dans le secret des temps.
Une fin de vie ouvre un cortège de larmes, une attention soucieuse et bienveillante, et une jolie pluie de sourires. Je te fais marrer et tu me fais marrer. Il y a de nouvelles mimiques, le rare, le geste sûr, comme inné. Il y a des caresses sur la joue, sur le front ; des baisers ; des gratouilles et des gargouilles ; des gouttelettes d’eau. De majestueux silences. Des soupirs.
Nous sommes déjà bien plus loin que ce que l’on peut envisager puis imaginer, dans des contrées nouvelles, un océan paisible qui raconte si bien ta vie passée et tout ce qui est à venir.
Je me demande qui accompagne qui, vraiment, en fin de vie.

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