La gêne d’un contribuable

Voilà. A y est. Fait.
Déclarations d’impôts sur le revenu remplies, signées, tout ça.
Pluriel car informatique oblige, je remplis également les formalités pour mes octogénaires de parents, qui veulent pas mettre les doigts dans ces saprés ordinateurs.
Puis le « résultat des courses » s’affiche.
Tous, nous allons payer moins d’impôts. On va même nous reverser des thunes. Chouette ?

Egoïstement, individuellement, sur le moment, oui, évidemment, oui bien sûr. Toujours ça de pris, ou de pas pris justement.
Certes, ce n’est pas un enrichissement de ouf, plutôt un appauvrissement de moins.
Mais presque en même temps, malaise, gêne plutôt, interrogation surtout.
Civique. Citoyenne. Ethique. Je ne sais pas trop quel est le mot.
Ok, je vais payer cela en moins.
Mais si c’est le prix de tout ce qui prive « notre France » de ce qui devrait faire cause commune, bien commun, ça me coûte quand même, je préférerais payer plus, non pour que les matraques s’abattent sur les manifestants, mais pour que mes gamins aient une belle école, mes parents une belle fin de vie, mes amis, mes voisins et tout ceux que je ne connais pas une belle santé, et avec tout cela, que les professionnels qui font vivre ces services publics puissent travailler dans de bonnes conditions, faire correctement leur métier, pouvoir leur faire. Sans oublier une justice qui peut faire le job, et je ne parle pas des travailleurs sociaux. Ni du trou de la sécu, s’il existe. Ni des retraites.
J’ai fait un calcul rapide, non scientifique, pas mon taf non plus, pour arriver à cette conclusion chiffrée : si tout le monde parmi les imposables est comme moi, comme ma compagne, comme mes parents, l’état se prive de 5 milliards d’euros de recettes. Je pense bien sûr que c’est un minimum.
Je reste rivé sur l’article de la constitution française qui dit que chaque citoyen, en fonction de ses capacités contributives, participe à la vie de la nation.
Et je reste rivé sur ces prix qui n’en finissent pas de monter, par exemple à la pompe à essence. Ou chez mon buraliste qui, soit dit en passant, va bientôt fermer son guichet puisque des clopes moins chères, ça se trouve.
Aucune découverte dans tout cela, aucune nouveauté, aucune information, mais en quelques clics ce déclic qui revient comme une claque quand même : citoyens dépossédés nous sommes, consommateurs acharnés nous sommes devenus.
Les analyses montrent que l’impôt sur le revenu est un faible contributeur dans le budget national. Itou pour la taxe d’habitation. Itou pour le foncier. Contrairement aux taxes.
On connaît la chanson.
L’agacement vient de ce mot tiroir utilisé à toutes les sauces qui entretient la mascarade. On vous baisse les impôts, les amis. Gueulez pas. D’ailleurs vous n’êtres pas des amis. C’était façon de parler. Manière de faire connivence entre nous.
Non, les impôts ne baissent pas, ils augmentent. Oui les impôts baissent.
Le citoyen ne se satisfait évidemment pas de cette tambouille.
Ca fait pas de mal de le dire et de le redire.
Sachant de toute façon que tout ça, autre débat, c’est la faute à l’Europe… Bien sûr… Evidemment…
Non, les amis. C’est la faute à un manque de vision à long terme, à un temps politique qui verse dans l’émotion, à un projet de société qui n’existe plus, pendant que la planète se gangrène de nos impostures, que les salariés burnent out et que les sans emplois galèrent dans des quotidiens méprisés, que les jeunes sont trop jeunes et les vieux trop vieux.
Quel bordel !

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