La mouise du Goncourt

Le savez-vous, cher Nicolas Mathieu ? Je crois bien que vous êtes dans la mouise maintenant (si vous en êtes d’accord bien sûr). Parce qu’on attend, désormais. La suite. Je ne parle pas ici du Prix Littéraire qui vous est tombé dessus. Mais des années qui suivent celles dans « Leurs enfants après eux ».

Pour des raisons curieuses, cher Nicolas, permettez que je vous appelle cher Nicolas, je vous connais et je ne vous connais pas. Vous ne me connaissez pas, soit dit en passant. De miennes connaissances m’ont parlé de vous bien avant la sortie du livre qui a finalement dégoté le fameux Prix. On m’a recommandé d’ailleurs de lire le livre d’avant mais je ne me suis pas laissé faire par la grâce d’un cadeau de Noël. On m’a offert en effet « Leurs enfants après eux », et pour tout vous dire, perturbé par les commentaires des connaissances susdites, je ne suis pas entré tout de suite dans le bouquin. Je me suis contenté de la première page, longtemps. Regardée, palpée. Un côté viens donc qui m’a beaucoup plu, et qui me plaît encore.

Puis je suis entré en lecture comme on ouvre la porte d’un appartement inconnu. Je m’y suis plongé est plus exact, prenant la température au début, me demandant où diantre tout cela à allait me conduire, puis me laissant embarquer, de plus en plus agrippé à ces lignes, ces destins, ces détours de phrases, ces points qui tombent quand on se s’y entend pas, et ces vagues qui déferlent avec le poids de chaque mot. Tourbillon. J’ai aimé, évidemment, vous l’avez compris. Aussi parce que forcément… La Lorraine, ces années-là, votre enfance, un peu de la mienne quoi qu’une petite décennie nous sépare, je m’y retrouvais, putain, tellement. Troublant.

Et puis crac boum hue sacrebleu saperlipopette, malgré quelques subterfuges, ce qui m’attendait est arrivé. C’est déjà la dernière page. Je la sentais venir, évidemment, sans deviner ce qu’elle serait.
Et puis crac boum hue zut, sapristi, voilà la dernière ligne.
Provoquant cet étrange moment dont je vous remercie : on n’ose pas fermer le livre. On n’ose pas le refermer. On n’en a pas envie. On a un peu peur à mesure qu’on revient au réel. On entend ce silence. On soulève même quelques pages supplémentaires, au pays des merci et des imprimé à, espérant que… Mais non. Fini. C’est fini. Et on est comme des glands, avec mille suites possibles, l’envie de rester avec eux, encore et encore, avec vous, et pourtant c’est âpre tout cela, mais ce sont nos vies dans les leurs. Et puis surtout, ni votre plume, ni votre regard ne nous tendent la main.
Bref, on est là comme des glands.

Ce livre résonne évidemment en moi de cette Lorraine-là puisque Lorrain je suis. Alors dire que ça a causé, c’est rien de le dire ! Ca a remué, de voir tout cela écrit, de cette belle musique qui est la vôtre. Car moi qui m’essaie de temps à autres à des écrits, je me dis qu’il faut y aller pour tenir sur la durée tout ces entrelacs et ce « portrait de génération » qui réussit son coup puisque l’on pense aussi, lisant, aux générations d’avant, et bien sûr, surtout même, à celles d’après.

C’est pour ça que refermant malgré moi le livre, j’ai pensé : et leurs enfants après eux ? J’ai pensé aussi : et eux après, ce sont encore des enfants ? !!!

Bref, je vous espère dans la mouise cher Nicolas Mathieu. En train de bucheronner la suite de cet ouvrage. D’y songer, j’espère. Pas forcément tout de suite, évidemment. Vous devez crouler sous les projets. M’étonnerait pas que les faiseurs de films vous aient titillé. Mais un jour, qui sait ?

Il y a encore tellement à nous dire sous votre plume, je le sens.

Et je vous en remercie, quoi qu’il en soit.

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