Illégitime défonce

J’ai regardé ce lundi soir la « fiction judiciaire » consacrée à « l’affaire Jacqueline Sauvage« . J’ai aimé la sobriété narrative, qui s’est comme effacée pour que l’on puisse se faire une opinion. Le téléfilm pose la question de la légitime défense réponse à l’illégitime défonce mais pas que. Combien de vies volées / violées pour un tyran ? 

La violence conjugale, les coups, les abus sexuels, les vies défoncées à chaque coup de poing, dézinguées comme un corps sans défense qui dégringole dans l’escalier. L’alcool, les cris, les silences, les souffrances, les urgences : limiter la casse, protéger les enfants autant que faire se peut, se taire, surtout, « parce que j’ai appris comme ça, parce que c’était comme ça, je croyais que c’était normal » dit cette femme. Les mots disent peu des regards. Celui, torve, fou, de son « mari » qui hurle et qui tape et qui rage et qui pleure. Celui apeuré puis haineux de leurs enfants, dont le fils finira par se suicider. Celui des alentours, les voisins, le maire de la commune, les gendarmes. Tout le monde savait. Tout le monde se taisait. Baissait les yeux. Je me dis que sûrement j’aurais été de ces carpes. Ca dérange évidemment.
Et puis un jour, boum. Et boum. Et boum. 47 années, 3 coups de carabine.
« On pensait que ce serait elle qui finirait dans un cercueil » dit un « témoin ». Et puis non.
La justice, condamne le fait. 10 ans de prison. Mais au-delà du fait, il y a la volonté de tuer ce silence. Et si la peine est confirmée en appel, elle est en réalité explosée. Une « grâce présidentielle » sera accordée à Mme Sauvage, libérant cette femme de la prison. Mais le poison a empoisonné. Les engrenages psychologiques laissent pantois.
Aux pourquoi suivent les comment et demeurent les questions. L’indignation. Légitime défense ? Matière à réfléchir ; murs de secrets qui se hersent un peu partout. La honte. La peur. Le dégoût de soi. Le dégoût de l’autre. La tâche est immense. Le fléau tue 1 femme tous les 3 jours. Et avec des milliers d’enfants puis d’adultes, d’autres parents, des frères, des soeurs, des voisins, des amis. Un carnage.

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