Critique N°4 / Marie-Claude a lu

Avant dernier opus des mots des autres sur les Mots Bleu le bouquin tome 2. Grande première pour Marie-Claude, qui, m’a-t-elle dit, ne s’était jamais lancée dans l’exercice de la « critique ». Grand merci à elle d’avoir osé le Bleu. Voici son carnet de notes.

Des Mots Bleu
Ces 48 écrits sont un voyage et des aventures où vous en verrez de toutes les couleurs.
À commencer par la grisaille et le noir et blanc : plus rien ne tient, la boussole perd le Nord, les labyrinthes sont sans issues, le racisme ordinaire rampe, après le chômage vient la dépression… On remplace les hommes par des machines, des machines qui pensent à leur place. On y croise les choses de la vie ordinaire : accidents de voiture ou de train, enterrements, rénovations urbaines pas très heureuses…
Et parfois, la noirceur du monde fait irruption dans toute son horreur : viol, indifférence des voisins, prostitution, désespérance d’un jeune violent ou de celui qui se donne la mort sur son lieu de travail…
Il arrive qu’on ne sache plus où se réfugier, dans un monde sans frontières, avec l’envie furieuse de tout déconnecter, et trouver asile dans une cabane en pleine nature.
Et pourtant le bleu du ciel, le bleu des âmes n’est jamais bien loin, ni la vie et ses enluminures.
Les rêves de gosse ont la part belle : le Cap Horn, les paysages de neige, les prairies et les horizons bleus.
Et ce piano qu’un ouvrier arménien mit une vie entière à acheter. Les longues rêveries sur fond d’une nocturne de Chopin jusqu’à l’aube, quand les étoiles s’en vont on ne sait comment, pour faire place à la lumière du matin. Et cette petite fleur fragile qui pousse toute seule dans le béton armé, élégante, solide avec ses racines. Elle s’appelle « résilience ».
Didier Jacquot a une tendresse toute particulière pour les solitaires, les invisibles, « ces invisibles qui sont sous nos yeux ». Comme celle qui a tout quitté pour devenir maraîchère, le migrant devenu gardien de nuit, celle qui quémande « les yeux assis par terre », le détenu qui pourrait profiter des concerts du Zénith d’à côté, si seulement on avait l’idée de tirer un câble et d’installer des écrans dans les cellules…
Il aime explorer les tréfonds de l’âme humaine et ses secrets, pour autant qu’il y trouve un tant soit peu d’humanité.
Ceux qui se rencontrent et s’éprouvent, de l’effleurement à l’étreinte, pour se laisser aimanter par l’amour.
Et ces amis qui dans nos vies s’en vont et s’en viennent comme une évidence, à chaque fois pièces uniques, histoires singulières.

Il faut lire et relire ces textes poétiques, inspirés, sensibles, drôles ou graves, toujours d’une exceptionnelle générosité.
Ils nous apprennent à voir.

Marie-Claude Barroche

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